En 1961, des ONG et des spécialistes des zones humides se sont réunis dans l’une des plus vastes zones humides de France, la Camargue et ont planté l’idée d’un accord international sur la protection des zones humides, ouvrant la voie à la signature, en 1971, de la Convention de Ramsar.

60 ans plus tard, Hugo Ferreira, chercheur en sciences de l’environnement, étudie la spatule blanche sur les 150 000 hectares des zones humides de Camargue. Étudiant doctorant de l’université d’Aveiro, au Portugal, Hugo étudie la migration et le comportement de l’oiseau, en collaboration avec l’Institut de recherche de la Tour du Valat.

Hugo’s interest in the natural world started early on, when he watched nature documentaries with his father. Following his passion and curiosity, Hugo completed his undergraduate and masters degrees in biology and ecology. Despite his educational background, he struggled finding the opportunities to apply his passion and knowledge especially in his home country of Portugal: “If we want young people to be interested/ involved in wetlands, we have to ensure that the opportunities are available to them. Finances and grants are extremely difficult to obtain for young people that are starting out, because grants target experts.”

C’est alors que Hugo a découvert le Service Volontaire Européen qui l’a mené pour la première fois à la Tour du Valat. "Au début, j’ai trouvé l’expérience intimidante ", explique-t-il. Après un long voyage, il était arrivé dans ce qui ressemblait à une "zone à l’abandon" … où il ne comprenait pas les gens. Mais il ne lui a pas fallu 24 heures pour constater que les zones humides ne sont pas des lieux à l’abandon : "Très vite je suis tombé amoureux de ces espaces magiques, pleins de vie et d’énergie. Et j’ai compris les gens. Je me suis senti chez moi en Camargue et j’ai su qu’il fallait la protéger. J’ai compris la nécessité de protéger les sites qui lui ressemblent et pourquoi elle a inspiré la Convention sur les zones humides".

Dans le cadre de ses travaux de doctorat, qui supposent de longues journées sur le terrain et de longues heures derrière son ordinateur, Hugo a pu apprécier l’importance de la patience dans le domaine de la conservation : "Les journées passées sur le terrain me réconfortent. L’hiver dernier, j’ai passé au moins 10 nuits sur le terrain et lors d’une seule de ces nuits j’ai réussi à repérer les spatules baguées. Mais être dans les zones humides, au milieu de la nature, attendre et contempler le lever du soleil est toujours un moment magique".

Hugo estime qu’il est urgent de sensibiliser le grand public à l’importance des zones humides. Il cite l’exemple de Lisbonne où un pont relie la métropole à l’estuaire du Tage. "Même s’il y a un pont reliant physiquement Lisbonne à ces zones humides, il n’y a pas de pont traduisant l’intérêt, les liens profonds et l’appréciation de la population pour les zones humides. Pour assurer la conservation des zones humides, la prochaine étape devrait être de construire de tels ponts à l’échelon mondial grâce à l’éducation, la sensibilisation et l’offre de perspectives réelles pour les jeunes".

Le message de Hugo à la Convention sur les zones humides et à ses parties prenantes est le suivant : "les jeunes sont là et ils sont motivés, prêts à en faire plus ; mais ils ont besoin d’aide ! Soutenez-les, aidez-les, c’est important d’avoir de nouvelles idées, de nouvelles expériences"

Hugo est aussi ambassadeur de Power of Wetlands.

Article rédigé par Elise Allély-Fermé et Bidhya Sharma