Rajashree Naik est en troisième année de doctorat au Département des sciences de l'environnement, École des sciences de la terre, Université centrale du Rajasthan, en Inde. Elle a décidé de travailler dans le domaine de la conservation des zones humides après avoir visité le lac Sambhar et avoir été témoin des conditions alarmantes de dégradation et d'empiètement qui y sévissent.

Le lac Sambhar est le plus grand lac salé intérieur et la porte vers le désert du Thar en Inde. Haut lieu de la biodiversité, il est le refuge de milliers de plantes et d'animaux. Sur le plan économique, c’est depuis toujours un site important d'extraction de sel, représentant 9,86 % de la production totale de sel de l'Inde. Malgré cette distinction écologique et économique et le fait que le lac Sambhar soit un site Ramsar, l'empiètement illégal des salines, qui est économiquement lucratif, a entraîné une dégradation, même dans la partie du lac qui était auparavant réservée à la conservation écologique. Rajashree a constaté que 30 % de la partie du lac qui était écologiquement préservée a disparu au profit de l'exploitation minière. Ainsi, le lac a vu sa population de flamants roses décliner et constaté un recul de la biodiversité, ainsi qu'une baisse de la qualité de l'eau et des sols. Les moyens d’existence des populations locales, qui ont toujours vécu en harmonie avec le lac et son écologie, sont également menacés.

 

Dans le cadre de son travail, Rajashree utilise la télédétection pour étudier la perte tangible qu’a subi le lac Sambhar et modéliser l'avenir selon différents scénarios de conservation. Elle combine cette étude avec des observations sur le terrain pour surveiller les populations d'oiseaux et évaluer les conditions de leurs habitats. En agissant de concert avec la population locale, elle a constaté que celle-ci était favorable à la conservation des zones humides. Elle travaille désormais avec les communautés locales et les ONG afin de définir des mesures économiques permettant de réduire la pression exercée par l'empiètement des mines.

Rajashree estime qu'au cours des 50 prochaines années, la Convention sur les zones humides devrait maintenir un équilibre entre les sites nouvellement inscrits et les sites plus anciens. En effet, de nombreux sites désignés dans le passé sont gravement détériorés et beaucoup pourraient être inscrits au Registre de Montreux. Si on atteint cet équilibre, Rajashree estime que dans 50 ans, nous n’aurons pas à regretter la perte des zones humides que nous désignerions aujourd'hui. Elle est convaincue qu'il sera possible d'atteindre cet objectif en impliquant les jeunes et les populations locales dans la conservation des zones humides.

Pour en savoir plus sur le travail de Rajashree et plus généralement sur les jeunes engagés dans la protection, la conservation et la restauration des zones humides, veuillez consulter le rapport 2021 "Status, Challenges and Aspirations of Wetland Youth", élaboré et compilé par Youth Engaged in Wetlands.

 

Article rédigé par Bidhya Sharma.