Je m’appelle Badreldin Adam Ahmed, j’ai 31 ans et je suis chercheur en sciences de l’environnement, dans l’équipe de conservation de la Réserve de biosphère de Dinder, au Soudan. J’ai grandi dans l’ouest du Soudan, dans l’État du Darfour du Sud où les zones humides locales prennent la forme d’étangs, de puits, de lacs et de fosses saisonniers. Rares sources d’eau potable et d’eau pour le bétail, fournissant du bois de feu, des fruits sauvages et du poisson aux communautés locales, ces zones humides sont précieuses. Elles ont aussi une grande valeur esthétique : à différentes saisons, elles attirent des oiseaux de toute sorte.

Ayant étudié les sciences de l’environnement à l’université, j’ai tout de suite été convaincu de la nécessité de préserver ces zones humides qui sont des habitats naturels d’importance critique et des sources d’eau essentielles, en particulier en période de sécheresse. Ces milieux sont vitaux pour les populations locales qui y trouvent des poissons, source de revenu ou de subsistance. Ils contribuent également à l’économie du Soudan grâce au tourisme. Travaillant aujourd’hui comme assistant de recherche au Wildlife Research Center du Soudan, j’ai assuré le suivi de la diversité et de l’abondance de nombreuses espèces à travers les zones humides soudanaises comme le réservoir Jebel Awliya, l’île Tuti, le lac Kennedy, Khor Abu Habl, le lac Nuba et le littoral de la mer Rouge qui sont toutes des zones humides précieuses.

Située entre le plateau éthiopien et la région désertique du Soudan, la Réserve de biosphère de Dinder est inondée à la saison des crues qui alimentent un vaste réseau de zones humides. Ces dernières offrent un refuge, de l’eau et de la nourriture à 250 espèces d’oiseaux, qui sont souvent des migrateurs, et à de nombreuses espèces d’amphibiens et d’insectes. Les lacs de bras mort de la réserve, connus localement sous le nom de ‘mayas’, sont des sites particulièrement importants pour les poissons, les amphibiens et les insectes qui s’y reproduisent après les crues. Ils fournissent aussi de l’eau douce à la faune sauvage et aux communautés locales. Comme d’autres zones humides, la Réserve de biosphère de Dinder est vitale pour les communautés locales au riche patrimoine culturel, car elle fournit de l’eau douce et des aliments, protège une abondante biodiversité et soutient le développement durable grâce au tourisme et au revenu qu’elle assure.

Membre du forum des jeunes Man and the Biosphere (MAB) Youth Forum du Soudan (créé en 2018), je m’efforce de sensibiliser à l’importance de la protection des habitats dans les Réserves de biosphère du Soudan. Dans ce cadre, je me suis donné pour mission de préserver les habitats des zones humides. Mon conseiller, M. Salwa M. Abdelhameed, Correspondant national CESP, m’a encouragé à créer un forum des jeunes pour les zones humides au Soudan afin d’échanger les connaissances et l’expérience relatives aux zones humides entre les différentes régions. Nous nous efforçons de promouvoir la protection et la gestion durable de ces milieux dans le cadre de programmes de recherche, de sensibilisation et d’orientation et le recours aux réseaux sociaux pour atteindre un grand nombre de personnes et enseigner aux communautés l’importance des zones humides.

Nous, les jeunes, souhaitons une heureuse Journée internationale de la Jeunesse et le succès du Cinquantième anniversaire de la Convention sur les zones humides, et de toute la force de nos voix, nous proclamons qu’il est impératif de préserver et protéger ces écosystèmes contre la détérioration et l’empiétement, et d’obtenir de l’aide pour mettre en œuvre nos plans pour le développement durable de nos communautés.